L’allergie aux protéines de lait de vache chez les nourrissons
Chez les nourrissons, l’allergie aux protéines de lait de vache ou APLV est une réaction inappropriée du système immunitaire face aux protéines présentes dans le lait de vache, notamment la caséine et les protéines du lactosérum. Cette allergie peut les affecter lorsqu’ils sont nourris avec du lait infantile contenant du lait de vache, mais aussi ceux allaités par une mère consommant des produits laitiers.
Symptômes de l’allergie aux protéines de lait de vache
Les symptômes de l’APLV apparaissent souvent dans les premières semaines de vie du nourrisson et peuvent varier d’un bébé à l’autre en intensité et en nature.
Troubles digestifs
Les troubles digestifs sont parmi les symptômes les plus fréquents et peuvent inclure :
- Vomissements fréquents après les repas.
- Diarrhée persistante pouvant entraîner une déshydratation.
- Douleurs abdominales et coliques sévères.
- Reflux gastro-œsophagien exacerbé par l’ingestion de lait de vache.
Exemple : Un nourrisson présentant une APLV peut souffrir de régurgitations chroniques et de selles liquides après chaque prise de lait infantile contenant des protéines de lait de vache.
Problèmes cutanés liés à l’allergie aux protéines de vache
La peau est également une cible fréquente de l’APLV. Les manifestations dermatologiques comprennent :
- Éruptions cutanées et rougeurs sur différentes parties du corps.
- Urticaire entraînant des démangeaisons importantes.
- Eczéma atopique persistant et difficile à traiter.
Exemple : Certains bébés développent un eczéma sévère sur le visage et les bras, ne s’améliorant qu’après l’éviction totale des protéines de lait de vache.
Symptômes respiratoires
Les symptômes respiratoires, bien que moins courants, peuvent être préoccupants :
- Toux chronique inexpliquée.
- Respiration sifflante (sibilances) évoquant une réaction allergique aiguë.
- Congestion nasale entraînant des difficultés respiratoires.
Exemple : Un bébé souffrant d’APLV peut présenter une toux persistante après l’ingestion d’un biberon contenant du lait de vache.
Troubles du comportement
L’APLV peut également affecter le comportement du nourrisson :
- Pleurs excessifs et agitation fréquente.
- Irritabilité et troubles du sommeil.
- Difficulté à s’apaiser après l’alimentation.
Exemple : Un nourrisson souffrant d’APLV peut pleurer de manière excessive après chaque tétée, rendant le sommeil difficile pour lui et ses parents.
Diagnostic de l’allergie aux protéines de lait de vache
Le diagnostic repose principalement sur l’observation des symptômes et l’historique médical du nourrisson. Le pédiatre peut recommander :
- Un régime d’éviction des protéines de lait de vache pour observer une éventuelle amélioration.
- Des tests cutanés (prick-tests) pour détecter une réaction allergique immédiate.
- Des analyses sanguines (dosage des IgE spécifiques) pour confirmer une sensibilisation aux protéines de lait de vache.
Exemple : Si un nourrisson présente des symptômes digestifs et cutanés après la consommation de lait infantile, le pédiatre peut recommander un test d’éviction sur plusieurs semaines pour confirmer le diagnostic.
Traitement et prise en charge de l’APLV
Le principal traitement repose sur l’élimination des protéines de lait de vache de l’alimentation du nourrisson.
Substituts de lait
En cas d’APLV avérée, plusieurs alternatives existent :
- Laits hydrolysés : préparations infantiles contenant des protéines fragmentées, rendant leur digestion plus facile.
- Laits d’acides aminés : en cas d’APLV sévère, des préparations totalement décomposées en acides aminés peuvent être prescrites.
Exemple : Un nourrisson présentant des symptômes graves peut nécessiter un lait d’acides aminés pour éviter toute réaction allergique.
Allaitement maternel
Si la mère allaite, elle devra exclure de son alimentation tous les produits contenant du lait de vache, y compris les produits transformés pouvant en contenir.
Exemple : Une mère consommant du lait de vache peut transmettre des traces de protéines par le lait maternel, ce qui peut déclencher des symptômes chez son bébé. Une éviction stricte peut permettre une amélioration rapide des symptômes.
Évolution et pronostic de l’allergie
Heureusement, l’APLV est souvent transitoire. La majorité des nourrissons tolèrent progressivement les protéines de lait de vache entre l’âge de 3 et 5 ans. Une réintroduction progressive sous surveillance médicale est généralement effectuée après cet âge pour tester la tolérance.
Exemple : Un enfant allergique au lait de vache à 6 mois peut être testé vers 3 ans avec une introduction progressive du lait sous surveillance médicale.
Conclusion
L’APLV est une pathologie fréquente chez les nourrissons, nécessitant une vigilance accrue des parents et des professionnels de santé. Son diagnostic repose sur une observation rigoureuse des symptômes, et sa prise en charge repose sur l’éviction des protéines de lait de vache. La majorité des enfants finissent par développer une tolérance, mais une surveillance régulière est essentielle pour éviter les complications nutritionnelles et garantir une croissance optimale.
Dr Serge Larcher
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